Je n’aime pas Coline de Senarclens

Je n’aime pas Coline de Senarclens. Je la trouve agitée et sans substance, constamment réfugiée dans une posture de «militante féministe» et produisant un discours qui se voudrait vitriolé mais qui, au fond, ne consiste qu’en un ramassis de clichés, de poncifs et de généralisations aussi hâtives que superficielles.

Elle m’agace prodigieusement et, en plus, je la trouve bête. Malheureusement, depuis #balancetonporc et #metoo, une presse complaisante lui donne une place très imméritée.

Elle cultive un comportement tout fait de brusquerie, de provocations stériles inondées d’une forme d’anticonformisme très travaillé qui est, au fond, d’une totale vacuité.

Etre l’instigatrice de la «Marche des salopes» – projet salutaire et indispensable à l’instruction des gros porcs et autres phallocrates, gardiens d’une culture de domination de l’autre (cet autre étant constitué prioritairement des femmes) ne fait pourtant pas de Coline de Senarclens l’égérie d’un féminisme progressiste.

Au contraire, cela fait d’elle une espèce de caricature en inversé, une agitée du bocal, ses propos utilisant une agressivité verbale si typique du discours masculin qu’elle s’évertue à dénoncer. Une sorte de bipolarité de la pensée, où les bonnes sont les filles et où les méchants sont les garçons.

On ne me fera pas dire que les hommes constituent une classe d’individus parfaits et au-dessus de tout soupçon, surtout lorsqu’il s’agit de leurs comportements en société – et surtout envers les femmes.

Mais bon. En tant qu’homme, je considère que si l’on veut vraiment changer la société, ses rôles et ses pseudo-déterminismes, ce n’est pas par les incantations et les slogans apocalyptiques que l’on y parviendra.

Coline de Senarclens a raison d’être indignée, elle a raison de lutter pour la cause des femmes. Mais sa misère intellectuelle et ses agitations verbales me semblent avant tout desservir la cause qu’elle veut défendre. Car en effet, ce n’est pas parce que les hommes ont imposé par la violence sous toutes ses formes, des millénaires durant, leur domination sur les femmes que ces derniers apprendront à changer par cette même violence.

Il me paraît, très modestement, que c’est par le développement et l’intégration très large des valeurs féminines dans l’éducation, la culture, la politique et, finalement dans nos comportements à tous, que l’on y parviendra.

Coline de Senarclens ne nous y aide en rien.

9 commentaires sur “Je n’aime pas Coline de Senarclens

  1. Je suis une fille, une mère, une grand mère issue d’une lignée de femmes fières de l’être.
    Non, je ne suis pas en accord avec Coline de Senarclens. Pourquoi être agressive, vulgaire, agitée ?
    Ce n’est pas ainsi que vous défendrez les droits des femmes.

  2. Et bien moi, j’aime Coline de Senarclens. Elle est drôle, elle est intelligente, elle est cultivée, elle est engagée, elle est inspirante, elle a été là pour moi dans des moments douloureux. J’ai adoré passer ces quelques années de militantisme féministe à ses côtés. Et j’aime aussi sa soeur. Merci les de Senarclens.

  3. Pour ma part, je suis le père de Coline, un père désemparé, et je vois dans votre message une sorte de planche de salut…
    Je ne saurais trop vous remercier.

  4. Ce n’est pas la première fois que je le remarque : une femme qui prononce des mots vulgaires choque beaucoup plus (et plus vite) que ces mêmes mots prononcés par un homme. Si le verbe de Coline de Senarclens en dérange certains – probablement parce qu’il emprunte un lexique fleuri monopolisé par les voix masculines – moi, ça me plaît. Car j’aime tous les mots des langues que je parle, y compris ceux dont notre éducation a interdit l’usage aux femmes.

    En vous lisant, on croirait que « la violence » devrait rester l’apanage des hommes. Vous déniez la possibilité aux femmes d’en faire usage, de la violence. C’est dommage, parce que cette opposition nous empêche définitivement de parler d’un ensemble mixte. D’après moi, il y a une violence systémique qui atteint tous les genres, classes, sexes, origines… Si elle est autant décriée par les féministes c’est que cette violence est pratiquée par un pouvoir patriarcal majoritairement masculin. Vous renforcez la séparation homme-femme en critiquant une personne – Coline de Senarclens – qui, en tant que femme se « sert » d’une arme « masculine ». Et ça semble vous choquer bien plus que la violence quotidienne que « les » femmes subissent.

    Vous parlez d’ailleurs de « valeurs féminines », pourriez-vous nous en dire plus? Quelles sont-elles? En quoi sont-elles spécifiquement féminines? Les hommes en sont-ils dépourvus?

    Je soupçonne que vous avez pleinement absorbé le système qui sépare la population en deux groupes non pas complémentaires mais antagonistes : les femmes et les hommes. Les premières ne devant surtout pas emprunter les caractéristiques des seconds.

    Mais, attendez un instant. Vous reconnaissez aux femmes le besoin de lutter pour plus d’égalité (merci, Monsieur, d’ailleurs, pour tant de générosité). Mais qu’elles le fassent avec les outils dont elles peuvent se servir et non pas avec ceux qui leur sont interdits.

    Rassurez-moi, on ne parle pas de gentillesse, politesse, modestie, non?

    Je propose à Madame de Senarclens, dans sa prochaine chronique – que j’écouterai comme toutes celles qu’elle écrit – d’essayer le « militantisme féminin » :

    « Sans vouloir vous importuner, Messieurs, pourriez-vous, s’il vous plaît, reconsidérer mon humble demande de pouvoir conserver mon travail après ma grossesse? Seriez-vous d’accord, sans vouloir vous commander, de rééxaminer la possibilité pour les femmes d’être rémunérées à la même hauteur que leur collègues masculins? »

    Tant qu’on y est, demandons aux autrices de ne traiter que de sujets féminins. L’amour (sans sexe, évidemment, les hommes s’y connaissent beaucoup mieux), la famille, l’éducation… C’est de cela qu’on parle?

    Finalement, le fait que Coline de Senarclens vous choque est une bonne nouvelle. Et le fait que toutes les femmes puissent s’exprimer avec les mots qu’elles souhaitent, aussi.

    • CdS ne me choque en rien. Comme dit, je trouve son propos sans substanbce, stéréotypé et ne faisant en rien avancer la cause juste de l’égalité et du féminisme.

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