Il faut s’appeler Pascal Décaillet

Il faut s’appeler Pascal Décaillet pour oser commettre une leçon sur l’histoire des grandeurs et décadences de l’empire perse en commentaire de la décision du bouffon de la maison blanche d’extraire les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Il se targue d’être féru d’histoire, notre Sainte Suffisance Journalistique… Ce qu’il oublie, c’est la dimension contemporaine de ladite Histoire (il n’en retient que la première syllabe).

On se permettra de contredire sa Majesté Journalistique en lui rappelant que l’Iran d’aujourd’hui n’a de lien avec l’Histoire que dans ses volontés hégémoniques au sein du monde musulman.

Tout dans sa grandiloquence, notre échotier appelle les pays d’Europe à affirmer « que leur relation avec l’Iran relève de leur choix souverain, et non d’un alignement sur les États-Unis d’Amérique »… en oubliant opportunément que, quelques jours auparavant, il faisait lui-même le panégyrique du président desdits Etats-Unis d’Amérique.

Je ne sais s’il existe une Histoire pour les journalistes, mais s’agissant de Décaillet, gageons que ce sont les oubliettes qui lui sont destinées.

Le négationnisme de Pascal D.

Décidément, Pascal Décaillet ne se prend pas pour la queue de la poire. On le savait depuis longtemps. Ses prédications, ses prophéties nous le rappellent quasiment chaque jour. Mais il franchit le mur du çon dans un récent dépôt intitulé «Quatre raisons de rejeter mai 68».

Pour mémoire, le petit Pascal avait dix ans en 1968. Mais déjà grand admirateur du Général, il avait pris les étudiants de la Sorbonne et les échauffourées de la rue Gay-Lussac en grippe. Il devait être mort de trouille le petit Pascal, à l’idée que les méchants gauchistes viennent envahir son petit confort d’helvète bien nourri. Très en avance sur son âge mental.

Il va jusqu’à nous expliquer qu’il « devrait écrire un livre qui serait un pamphlet d’une rare violence» sur mai 68. Nous voici rassurés, l’histoire aura un volume de plus qui prendra la poussière sur un obscur rayon de bibliothèque.

Rejeter l’existence d’événement historiques, cela s’appelle du négationnisme. Sa Sainte Suffisance journalistique a des prédécesseurs célèbres : Faurisson, Irving et bien d’autres. Rejeter mai 68 comme notre échotier le fait, c’est un peu comme rejeter la révolution russe, la guerre du Vietnam ou la neige en hiver.

Mais bon, Pascal Décaillet est un grand enfant. Pour lui, ce qu’il rejette n’existe pas, n’a jamais existé, n’existera jamais.

Ainsi soit-il.

« Aigle royal et pie bavarde »: Décaillet se met une poutre dans l’oeil

Anti soixante-huitard de la première heure (il avait dix ans), pseudo-intellectuel, échotier des bas fonds de la pensée journalistique de Suisse francophone (bien voir l’oxymore entre « pensée » et « journalistique »), prophète de cataclysmes illusoires et impénitent donneur de leçons, voici que notre Pascal Décaillet s’en prend aux chroniqueurs de la presse.

Il encense Mauriac et Clavel puis tire à vue sur les « cercles parisiens où l’on ricane et se congratule entre soi ». Pas une seconde, il ne réalise que l’entre-soi, pour lui, est devenu l’entre moi et moi et moi. Tout à son égo, tout gonflé d’une importance qu’il s’imagine bien plus qu’elle n’est réelle, il assène ses leçons de journalisme à qui mieux mieux.

Un dépôt si typique de sa Sainte Suffisance journalistique, finalement. A voir la paille dans l’oeil de ses voisins, il n’a pas conscience du splendide effet-miroir qu’il nous livre.

Tout cela après nous avoir dit sa haine de mai soixante-huit.

« J’ai passé un demi-siècle à haïr 68 » nous dit-il. Mais n’oublions pas qu’il a passé son adolescence à admirer la république « démocratique » allemande.

Voilà, voilà. Un personnage très reluisant.

Lettre ouverte à Pascal Décaillet, sa Sainte Suffisance Journalistique

Votre Splendeur Journalistique,

On devrait vous consacrer l’un de ces petits ouvrages qui existaient du temps de mes études post-obligatoires et qui s’appelaient « Profil d’une oeuvre ».

Celui qui vous serait consacré devrait impérativement mettre en exergue les méandres d’un esprit critique (c’est bien), tortueux (c’est mieux) et égocentrique (ce n’est pas bien).

En effet, tous vos billets, sans exception aucune, sont construits de la même manière: au prétexte de commenter ou de deviser sur un sujet de politique ou de société (aïe, j’ai osé le blasphème), vous ne faites en réalité qu’une seule chose.

Parler de vous.

De votre vie, de vos idées, de vos expériences d’adolescent, de journaliste, de votre haine de la presse suisse romande, si conforme à votre goût.

Moi, moi, moi, moi, en quelque sorte, encore moi et toujours moi.

Selon le vieux principe qui stipule qu’il est plus aisé de voir la paille qui se trouve dans l’oeil de son voisin, vous ne voyez pas la poutre qui se trouve dans le vôtre.

Pour tout vous dire, vos écrits sont lassants à force d’être conformes et prévisibles à force d’être semblables, quels qu’en soient les sujets.

On se réjouira du terme de l’élection présidentielle française, la dernière en date de vos obsessions, pour que nous soient épargnées vos élucubrations et vagissements sur ce que les citoyens de la République (dont je suis, fièrement) devraient voter, sans que vous n’osiez le dire, car vous êtes un lepéniste même pas avoué, comme vous êtes, de ce côté-ci de la frontière, un blochérien pur et dur.

Allez, je me sens mieux et, tel une carpette, je m’aplatis devant votre sainte suffisance.