Le petit télégraphiste de tout

Un certain journaliste, très imbu de lui-même, nous assène ses idées depuis quelques décennies. Sa très haute estime de lui-même, dont il rabat les oreilles de ces lecteurs (on appréciera l’oxymore) semble l’autoriser à critiquer à peu près tout, sans beaucoup de discernement.

On remarquera en particulier son admiration de l’Allemagne et de ses régimes passés, son antiaméricanisme primaire, ses longs panégyriques centrés sur la droite nationaliste et souverainiste, ses apologies des frontières, sa détestation de l’Union Européenne, son admiration pour la gloire passée de la «DDR» (en fait la république «démocratique» allemande – c’est moi qui mets les guillemets) et, plus récemment, une forme ambiguë de soutien à la Russie poutinesque – alimentée surtout par l’antiaméricanisme mentionné plus haut.

Il y va aussi de ses pontifiants et bons conseils à toutes celles et ceux dont il pense qu’ils devraient en profiter. Ils sont nombreux, apparemment.

En bref, il est le petit télégraphiste de tout et de tout le monde. On imaginerait volontiers qu’un tel olibrius se vouerait à une carrière politique brillante. En effet, la droite populo-nationalisto-blochéro-souverainiste manque de bras.

Mais non. Il préfère la critique ronchonne à l’action. Il est vrai que cette dernière implique d’avoir quelques idées, si possible originales, plutôt que soutenir les causes les plus improbables.

On peut cependant aisément imaginer que la droite citée plus haut venait à prendre un certain pouvoir, il en deviendrait un fervent laquais. Tout cela n’est vraiment pas beau, voire carrément vilain.

La dernière lubie de Décaillet

Pascal Décaillet a ses lubies. La dernière en date est d’affirmer que “la démocratie élective vit ses dernières décennies”. On se demande où il va chercher cela, mais c’est son thème de prédilection depuis quelque temps. Il faut bien meubler le vide sidéral ambiant.

Mais il est comme Donald J. Trump, finalement. Il répète et caquète, ad nauseam, ces nullités.

Et finit par vouloir nous faire croire que ce sont de véritables vérités.

Tout cela est pathétiquement vain, inutile et dénué de fondement. A l’instar de l’auteur de ces péroraisons.

A la bêtise d’une droite retrouvée correspond l’arrogance d’une gauche perdue

Il fallait s’y attendre. La bagarre du budget 2016 de la Ville de Genève ne fait que commencer. Une droite retrouvée, confrontée à une gauche qui ne réalise pas encore tout à fait qu’elle est perdue, et les conflits stériles reprennent, mais à l’inverse de ce que le conseil municipal a vécu jusqu’à l’ouverture de la présente législature.

On résume. Jusqu’à aujourd’hui, la majorité «alternative» discutait toute seule du budget et se faisait un plaisir de contrarier la minorité de droite. Aujourd’hui, c’est désormais le contraire. La droite a décidé de prendre Sandrine Salerno à partie et ne veut plus avaler de couleuvres. Les invectives reprennent et, surtout l’arrogance de cette gauche qui a perdu sa majorité et n’a pas encore réalisé qu’elle allait devoir changer sa manière de faire. Elle ne pourra plus faire passer tout et n’importe quoi comme avant. Elle doit apprendre à négocier, à composer avec des adversaires politiques qui sont prêts à en découdre.

Et le désastreux résultat est là. L’arrogant Carrasso, chef du groupe socialiste du conseil municipal, nous déclare, tel une vierge effarouchée, que la «droite élargie est irresponsable et paresseuse, car elle refuse de travailler sur ce projet en commission». Et la droite, toujours aussi bête, donne des leçons.

Il convient de renvoyer cette droite stupide et cette gauche égarée dos à dos. Ils doivent apprendre à négocier, à pactiser, à accoucher d’un cadre budgétaire concret qui corresponde à la fois aux besoins sensés de la municipalité et aux réalités conjoncturelles. Le mariage de la carpe et du lapin, en quelque sorte.

Malheureusement, il y a fort à parier que, associée aux conducators populistes du MCG et de l’UDC, la droite traditionnelle refuse tout net une telle possibilité. Quant à la gauche, qui n’a rien à envier à la droite en matière de courte vue, pourra-t-elle rabattre un peu son arrogance? On peut légitimement en douter.

Budget 2016 = mission impossible, probablement.