Salerno: le détournement de la pensée

Sandrine Salerno n’a pas obtenu sa dérogation pour siéger au Grand Conseil genevois en même temps qu’elle assure sa charge de Conseillère Administrative de la Ville de Genève. Il s’en est fallu de trois voix. Bien fait pour elle.

Dans une interview publiée dans la Tribune de Genève, la socialiste qualifie la décision de son parti de « surréaliste ». Elle s’en explique en arguant du fait que c’est car elle est femme que sa dérogation n’a pas été accordée. Pouf pouf. L’entourloupette intellectuelle si typiquement gauche-bobo. Je n’ai pas eu ce que je voulais donc je suis une victime par défaut.

Le bon peuple appréciera.

C’est évidemment elle qui tient des propos surréalistes. Elle nous explique qu’elle a 46 ans et qu’au terme de son mandat à la Ville de Genève, elle devra chercher du travail. Elle en aura alors 48. Elle nous arracherait presque une larme.

Elle devra faire l’expérience du chômage en col blanc et comprendra enfin toutes les vicissitudes que doivent endurer les demandeurs d’emploi de plus de 45 ans. Peut-être en tirera-t-elle des enseignements utiles pour elle.

Françoise Giroud affirmait au siècle dernier que l’égalité entre hommes et femmes serait atteinte le jour où une femme incompétente occuperait un poste-clé.

C’est fait. Ouf.

Je n’aime pas Coline de Senarclens

Je n’aime pas Coline de Senarclens. Je la trouve agitée et sans substance, constamment réfugiée dans une posture de «militante féministe» et produisant un discours qui se voudrait vitriolé mais qui, au fond, ne consiste qu’en un ramassis de clichés, de poncifs et de généralisations aussi hâtives que superficielles.

Elle m’agace prodigieusement et, en plus, je la trouve bête. Malheureusement, depuis #balancetonporc et #metoo, une presse complaisante lui donne une place très imméritée.

Elle cultive un comportement tout fait de brusquerie, de provocations stériles inondées d’une forme d’anticonformisme très travaillé qui est, au fond, d’une totale vacuité.

Etre l’instigatrice de la «Marche des salopes» – projet salutaire et indispensable à l’instruction des gros porcs et autres phallocrates, gardiens d’une culture de domination de l’autre (cet autre étant constitué prioritairement des femmes) ne fait pourtant pas de Coline de Senarclens l’égérie d’un féminisme progressiste.

Au contraire, cela fait d’elle une espèce de caricature en inversé, une agitée du bocal, ses propos utilisant une agressivité verbale si typique du discours masculin qu’elle s’évertue à dénoncer. Une sorte de bipolarité de la pensée, où les bonnes sont les filles et où les méchants sont les garçons.

On ne me fera pas dire que les hommes constituent une classe d’individus parfaits et au-dessus de tout soupçon, surtout lorsqu’il s’agit de leurs comportements en société – et surtout envers les femmes.

Mais bon. En tant qu’homme, je considère que si l’on veut vraiment changer la société, ses rôles et ses pseudo-déterminismes, ce n’est pas par les incantations et les slogans apocalyptiques que l’on y parviendra.

Coline de Senarclens a raison d’être indignée, elle a raison de lutter pour la cause des femmes. Mais sa misère intellectuelle et ses agitations verbales me semblent avant tout desservir la cause qu’elle veut défendre. Car en effet, ce n’est pas parce que les hommes ont imposé par la violence sous toutes ses formes, des millénaires durant, leur domination sur les femmes que ces derniers apprendront à changer par cette même violence.

Il me paraît, très modestement, que c’est par le développement et l’intégration très large des valeurs féminines dans l’éducation, la culture, la politique et, finalement dans nos comportements à tous, que l’on y parviendra.

Coline de Senarclens ne nous y aide en rien.