A la bêtise d’une droite retrouvée correspond l’arrogance d’une gauche perdue

Il fallait s’y attendre. La bagarre du budget 2016 de la Ville de Genève ne fait que commencer. Une droite retrouvée, confrontée à une gauche qui ne réalise pas encore tout à fait qu’elle est perdue, et les conflits stériles reprennent, mais à l’inverse de ce que le conseil municipal a vécu jusqu’à l’ouverture de la présente législature.

On résume. Jusqu’à aujourd’hui, la majorité «alternative» discutait toute seule du budget et se faisait un plaisir de contrarier la minorité de droite. Aujourd’hui, c’est désormais le contraire. La droite a décidé de prendre Sandrine Salerno à partie et ne veut plus avaler de couleuvres. Les invectives reprennent et, surtout l’arrogance de cette gauche qui a perdu sa majorité et n’a pas encore réalisé qu’elle allait devoir changer sa manière de faire. Elle ne pourra plus faire passer tout et n’importe quoi comme avant. Elle doit apprendre à négocier, à composer avec des adversaires politiques qui sont prêts à en découdre.

Et le désastreux résultat est là. L’arrogant Carrasso, chef du groupe socialiste du conseil municipal, nous déclare, tel une vierge effarouchée, que la «droite élargie est irresponsable et paresseuse, car elle refuse de travailler sur ce projet en commission». Et la droite, toujours aussi bête, donne des leçons.

Il convient de renvoyer cette droite stupide et cette gauche égarée dos à dos. Ils doivent apprendre à négocier, à pactiser, à accoucher d’un cadre budgétaire concret qui corresponde à la fois aux besoins sensés de la municipalité et aux réalités conjoncturelles. Le mariage de la carpe et du lapin, en quelque sorte.

Malheureusement, il y a fort à parier que, associée aux conducators populistes du MCG et de l’UDC, la droite traditionnelle refuse tout net une telle possibilité. Quant à la gauche, qui n’a rien à envier à la droite en matière de courte vue, pourra-t-elle rabattre un peu son arrogance? On peut légitimement en douter.

Budget 2016 = mission impossible, probablement.

Drames des migrations, l’invivable dilemme

Des dizaines de milliers de migrants arrivent en Europe. Des familles entières de syriens, d’afghans, d’érythréens fuyant les conflits sanglants et la misère qui s’ensuit dans leurs pays, livrés à des passeurs sans scrupules, sont à nos portes.

Une grande majorité des populations des pays de l’Union Européenne et de la Suisse manifeste son émotion à la vue du cadavre de l’enfant noyé, échoué sur une plage de Bodrum, en Turquie. Mais surtout, une certaine gauche, boostée par la perspective des élections toutes proches et, à Genève, se prend de raviver les braises encore fumantes de «No Bunkers» et voit là une occasion inespérée de disqualifier ses ennemis politiques. 

Face au drame de ces migrants, cette gauche clame l’impératif «d’affirmer notre humanité» et d’ouvrir toutes grandes les portes de la Suisse. Le président du parti socialiste suisse y va aussi de son couplet, emprunt d’arrogance et de certitudes basses de plafond, lorsqu’il assène, on cite «tant que le Premier ministre « Viktor Orban ne respecte pas les droits de l’Homme, la Suisse devrait retenir ses paiements pour la Hongrie».

Comment, aujourd’hui, exprimer le besoin d’organisation et de prudence que nous devons avoir face à cet incroyable afflux de migrants et exprimer sa compassion, son humanité? Comment dire «oui mais» sans passer pour un barbare sans cœur? C’est dans cet invivable dilemme que nous pousse la gauche bien-pensante.

Pour autant, cette gauche pense-t-elle mieux que les autres? Non, sans doute. Elle surfe d’une manière scandaleusement opportuniste sur cette vague (si l’on ose dire) des migrations en n’ayant qu’une seule obsession: rabaisser et battre la droite aux prochaines élections. Pour ce faire elle est prête à tout: discours moralisateurs, culpabilisation et diabolisation de l’ennemi politique. 

C’est à vomir, au moins autant que de voir les insoutenables images des souffrances des migrants.

Brèves de campagne électorale (1)

« A Genève comme ailleurs en Suisse, ne votez plus pour ces sinistres et cyniques personnages PLR-PDC qui font office de larbins des caisses maladie aux Chambres fédérales et qui vous affament ensuite au niveau cantonal en faisant des cadeaux fiscaux aux plus riches!” 

Cette joyeuse invective a été proférée par Roger Deneys, candidat genevois à l’élection au Conseil National. En plus d’être candidat à l’élection au Conseil National, Roger Deneys est candidat au prix de la mémoire courte.

Car comment ne pas se rappeler que son propre parti avait fait de l’instauration de l’assurance maladie obligatoire un thème stratégique? Et comment oublier que Ruth Dreifuss, conseillère fédérale socialiste en avait été la cheville ouvrière? Elle avait non seulement fait passer la pastille au bon peuple suisse, mais avait aussi couvert les égarements de l’Office fédéral de la santé publique, chargé de surveiller les coûts de l’assurance maladie.

Décidément, nos camarades socialistes sont très inspirés ces temps-ci. Et puis, ce genre de déclarations donnent le ton de la campagne. Attention, ça ne va pas voler très haut, mais juste en-dessous de la ceinture. On se réjouit de la suite.

Le faux modeste « citoyen de Genève »

Hani Ramadan, qui n’en n’est plus à son coup d’essai, se fend d’une “lettre ouverte à François Hollande” sur le blog qu’il tient avec la complicité de la Tribune de Genève. Ce dépôt d’anthologie atteint le fond du fond de la bassesse islamique dans toute sa splendeur.

Hollande a reçu Abdel Fatah Al-Sissi (pas l’impératrice) en visite officielle à Paris, et cela heurte la sensibilité de Ramadan. Le pauvre.

Donneur de leçons comme à son habitude de sectaire, il nous explique l’illégitimité de Sissi, lançant des incantations sur les alliances qui, selon lui, “font honte”. Puis il y va de la menace: « C’est exactement le sort qui va vous être réservé, par la grâce de Dieu”…

On croit rêver.