What the fuck else?

Mercredi, 11 heures vingt minutes. J’entre dans la boutique Nespresso de la rue du Marché. J’ai l’impression de me trouver dans une bijouterie de luxe.

Un jeune éphèbe en tablier de jardinier, l’air pénétré, me toise et me dis : « Bienvenue, puis-je vous offrir un café » ?

Moi : « non, je voudrais dix boîtes de bleu et 5 boîtes de vert »
Lui, l’air profondément attristé : « Ah… Alors pour ça, il faudra voir avec un de mes collègues qui vend ! »

Moi, bouche bée, je garde un silence consterné, regardant l’éphèbe astiquer furieusement une machine à café qui traînait là.

Et comme personne ne fait l’effort de s’approcher de moi, je ressors de la boutique, furieux.

Car finalement, acheter des capsules de café, ce n’est pas comme s’enquérir du prix de la bague que ta femme te fait regarder chaque fois qu’elle et toi passez devant la vitrine de son bijoutier préféré, non ?

Bon, finalement j’y retourne un quart d’heure plus tard et, Ô miracle, une jeune femme me demande ce qu’elle peut faire pour moi.

Moi : « je voudrais dix boîtes de bleu et cinq de vert »
Elle, l’air de s’adresser à un demeuré : « le vert on ne le fait plus, maintenant on a du vert foncé, qui est plus corsé »
Moi (je n’en peux plus) : « ça ira, mettez-moi cinq boîtes de vert foncé »
Elle, attristée : « Vous êtes sûr, vous ne voulez pas goûter ? »
Moi, je serre les dents : « non, non, ça ira comme ça »

Elle se met à tapoter furieusement sur sa tablette et m’annonce, triomphante que cela fera quatre-vingts francs et dix centimes, est-ce que je fais partie du « Club Nespresso » ?

Moi, sortant le plastique « non »
Elle, visiblement peinée devant tant d’insensibilité : « vous ne voulez pas adhérer ? »
Moi, franchement agacé : « non Madame, je reste sous le radar »

Bon, je paie et elle disparaît pendant trois bonnes minutes, pour finir par revenir avec un sac contenant mes quinze boîtes de café, dix bleues et cinq vertes.

Je sors, les dents serrées et me dis : « Nespresso, what the fuck else ? »

Daniel, Johann, Chuck Jones, Charles 05, Geo, Patoucha, Octave Vairgebel et les autres

Sur la plate-forme des blogs de la Tribune de Genève, on rencontre toutes sortes de gens. Ils ont pour pseudonymes Daniel, Johann, Chuck Jones, Charles 05, Geo, Patoucha, Octave Vairgebel ainsi que beaucoup d’autres. Ils sont des trolls, reflets de la débilité ambiante.

Ils se manifestent tout particulièrement comme « commentateurs » des billets les plus rétrogrades et dénués de substance (on taira les noms de leurs auteurs par égard pour eux ou elles). Ils se caractérisent par une posture consistant à être contre tout ce qui est pour – et réciproquement.

Ils bêlent contre la pensée unique tout en s’en faisant les propagateurs en niant le droit à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux de le faire savoir.

Ils sont les diffuseurs des théories les plus idiotes ou fantaisistes qui soient. Ils se complaisent dans les fake news. Complotisme, anti américanisme primaire, racisme, anti tout, quoi.

Si on prend leurs propos au premier degré, on sourit devant tant de stupidité. Je ne résiste pas à en citer un, qui m’a fait l’honneur de visiter mon site:

Je viens de parcourir le blog du débilogueur. Intéressant pour comprendre sa « personne »_alité. Tous les derniers sujets sont des attaques ad personam. – « Daniel »

Lorsque l’on a plus rien à dire, on pratique l’insulte. C’est du niveau de ces imbéciles. Lorsque l’on y réfléchit un peu, on se dit que tous ces gens doivent avoir une vie bien triste et sans relief s’ils doivent passer leur temps à propager de tels propos.

Daniel, Johann, Chuck Jones, Charles 05, Geo, Patoucha, Octave Vairgebel et tous les autres, je vous souhaite bon vent.

ACoteDuBonheur Snapseed

Salerno: le détournement de la pensée

Sandrine Salerno n’a pas obtenu sa dérogation pour siéger au Grand Conseil genevois en même temps qu’elle assure sa charge de Conseillère Administrative de la Ville de Genève. Il s’en est fallu de trois voix. Bien fait pour elle.

Dans une interview publiée dans la Tribune de Genève, la socialiste qualifie la décision de son parti de « surréaliste ». Elle s’en explique en arguant du fait que c’est car elle est femme que sa dérogation n’a pas été accordée. Pouf pouf. L’entourloupette intellectuelle si typiquement gauche-bobo. Je n’ai pas eu ce que je voulais donc je suis une victime par défaut.

Le bon peuple appréciera.

C’est évidemment elle qui tient des propos surréalistes. Elle nous explique qu’elle a 46 ans et qu’au terme de son mandat à la Ville de Genève, elle devra chercher du travail. Elle en aura alors 48. Elle nous arracherait presque une larme.

Elle devra faire l’expérience du chômage en col blanc et comprendra enfin toutes les vicissitudes que doivent endurer les demandeurs d’emploi de plus de 45 ans. Peut-être en tirera-t-elle des enseignements utiles pour elle.

Françoise Giroud affirmait au siècle dernier que l’égalité entre hommes et femmes serait atteinte le jour où une femme incompétente occuperait un poste-clé.

C’est fait. Ouf.

Il faut s’appeler Pascal Décaillet

Il faut s’appeler Pascal Décaillet pour oser commettre une leçon sur l’histoire des grandeurs et décadences de l’empire perse en commentaire de la décision du bouffon de la maison blanche d’extraire les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Il se targue d’être féru d’histoire, notre Sainte Suffisance Journalistique… Ce qu’il oublie, c’est la dimension contemporaine de ladite Histoire (il n’en retient que la première syllabe).

On se permettra de contredire sa Majesté Journalistique en lui rappelant que l’Iran d’aujourd’hui n’a de lien avec l’Histoire que dans ses volontés hégémoniques au sein du monde musulman.

Tout dans sa grandiloquence, notre échotier appelle les pays d’Europe à affirmer « que leur relation avec l’Iran relève de leur choix souverain, et non d’un alignement sur les États-Unis d’Amérique »… en oubliant opportunément que, quelques jours auparavant, il faisait lui-même le panégyrique du président desdits Etats-Unis d’Amérique.

Je ne sais s’il existe une Histoire pour les journalistes, mais s’agissant de Décaillet, gageons que ce sont les oubliettes qui lui sont destinées.

Le négationnisme de Pascal D.

Décidément, Pascal Décaillet ne se prend pas pour la queue de la poire. On le savait depuis longtemps. Ses prédications, ses prophéties nous le rappellent quasiment chaque jour. Mais il franchit le mur du çon dans un récent dépôt intitulé «Quatre raisons de rejeter mai 68».

Pour mémoire, le petit Pascal avait dix ans en 1968. Mais déjà grand admirateur du Général, il avait pris les étudiants de la Sorbonne et les échauffourées de la rue Gay-Lussac en grippe. Il devait être mort de trouille le petit Pascal, à l’idée que les méchants gauchistes viennent envahir son petit confort d’helvète bien nourri. Très en avance sur son âge mental.

Il va jusqu’à nous expliquer qu’il « devrait écrire un livre qui serait un pamphlet d’une rare violence» sur mai 68. Nous voici rassurés, l’histoire aura un volume de plus qui prendra la poussière sur un obscur rayon de bibliothèque.

Rejeter l’existence d’événement historiques, cela s’appelle du négationnisme. Sa Sainte Suffisance journalistique a des prédécesseurs célèbres : Faurisson, Irving et bien d’autres. Rejeter mai 68 comme notre échotier le fait, c’est un peu comme rejeter la révolution russe, la guerre du Vietnam ou la neige en hiver.

Mais bon, Pascal Décaillet est un grand enfant. Pour lui, ce qu’il rejette n’existe pas, n’a jamais existé, n’existera jamais.

Ainsi soit-il.

Anne Emery Torracinta, la chute finale

Anne Emery Torracinta connait son annus horribilis. Prise au piège de ses contradictions de son attitude de girouette dans la sordide affaire de frère Tariq, la voici maintenant contrainte de suspendre sa secrétaire générale.

On tombe de plus en plus profond, non pas à cause de frère Tariq, mais à cause du compagnon de Marie-Claude Sawerschel qui bénéficie d’un mandat du DIP. Le Laboratoire d’Analyse et de Traitement de la Langue de l’Université de Genève est en effet dirigé par ce monsieur. Le conflit d’intérêt était tellement évident que Madame la Secrétaire Générale n’a pas voulu signer le contrat.

Mais devinez quoi? C’est Madame la Présidente elle-même qui a signé, du coup. Le rédacteur en chef de la Tribune de Genève évoque le suicide politique de Madame la Présidente.

La réalité est probablement plus simple. Anne Emery Torracinta est socialiste. Les socialistes constituent une grande confrérie, peuplée d’impénitents donneurs de leçons. A l’instar de d’Anne Emery Torracinta, il veulent faire « toute la lumière, lever toute suspicion de partialité » sur certains dossiers, mais en laissent d’autre dans l’obscurité. On peut l’affirmer: Madame Anne Emery Torracinta manque totalement de discernement.

Ce grand flou, cette confusion systématique des intérêts personnels et de la collectivité sont des caractéristiques très socialistes. Je ne suis pas certains que les méfaits infligés par Sandrine Salerno à la direction des ressources humaines de la Ville de Genève seront jamais mis à jour. Pourtant, je vous l’affirme, il y en a largement pour démontrer son absence de discernement, sa petitesse et son étroitesse d’esprit et justifier de ne pas l’élire au Conseil d’Etat – en dépit du fait qu’elle fasse profil bas aujourd’hui. Naïvement, j’aime à croire aux principes d’une justice immanente. Les politicards malhonnêtes se font toujours rattraper par les méfaits et leur propre bêtise. Les cas ne manquent pas dans notre bonne république.

Il conviendra donc, fermement, de renvoyer Anne Emery Torracinta chez elle lors de la prochaine élection. Et il faudra également ne pas prendre la proie pour l’ombre et surtout laisser Salerno là où son potentiel de nuisance est limité: chez les caciques de la Ville de Genève. C’est là qu’elle fera le moins de mal. Et puis, ce sera sa dernière législature. Ouf.

Et s’il n’y avait plus qu’un nouveau socialiste au Conseil d’Etat, personne ne s’en plaindrait.

Lettre ouverte à Hélène Richard Favre, slaviste russophile

Madame,

Vos opinions sur la Russie et son président vous regardent et vous appartiennent. En ce dernier sens, elles ne sauraient être contestées. Par contre, on est habilité à évoquer le concept de naïveté lors que l’on fait le constat de vos propos qui mettent en doute «nos médias». Car l’ensemble de vos prises de position visent à prendre le contrepied systématique de tout ce qui pourrait mettre en cause les versions officielles concernant les agissement réels ou présumés (je vous concède ces derniers) du régime du Kremlin.

Vous avez également fait référence à un billet publié sur mon blog en septembre 2015, ce dernier faisant écho à l’une de vos publications mettant en doute la manière dont l’attentat du train Thalys, quelques jours auparavant aurait été rapportée par la presse. Certes, je vous y attribuait de la naïveté. Mais cette naïveté tient à mes yeux davantage au fait que vous ne semblez aucunement prendre la mesure des propos que vous tenez, et de leurs potentielles conséquences. Il s’agissait ici d’une vision conspirationniste de l’événement, telle qu’elle était évoquée par un journaliste du Temps, ainsi d’ailleurs que par le tenant local de l’islamisme le plus obscur, Hani Ramadan.

Si vous preniez le temps de relire ce même billet, vous constateriez que, plus que vos propres écrits, je fais surtout la critique des défoulements de haine et injures qu’ils provoquent de la part de vos nombreux commentateurs. Et ma critique la plus virulente se manifestait à l’encontre de l’inexistante modération de la plate-forme des blogs de la Tribune de Genève, qui laisse publier des propos orduriers et racistes (relisez les extraits des commentateurs de votre propre blog cités verbatim dans mon billet). Ni plus, ni moins et je l’assume.

Je ne sais pas pour vous, mais vu de l’extérieur, la Russie ne m’apparaît pas véritablement comme un modèle de démocratie. Le fait qu’une élection doive s’y tenir prochainement ne suffit à la qualifier pleinement de démocratie, tant les opposants à Poutine ont subi, semble-t-il, des intimidations, arrestations ou interdictions de concourir contre le maître. Ou alors, étaient-ce toutes de fausses informations, des manipulations systématiques de «nos médias»? N’est-ce pas précisément naïf de le croire – car si tel est le cas, tous les médias mentent, envers et contre une vérité ultime qui serait détenue par le président bientôt réélu et ses séides?

Et qui plus est, j’ai de la peine à imaginer les «gros risques» que l’occident courrait à «diaboliser» la Russie et son président. C’est vrai, finalement, que risquons-nous ? Une guerre, une invasion? Des sanctions économiques? Un survol de notre territoire par l’aviation russe? La réalité est que le seul risque que nous prenons est de provoquer l’ire des poutiniens de toutes nationalités et origines et de provoquer leurs déchaînements de haine aveugle et sordide.

Comme dit le proverbe, les chiens aboient et la caravane passe.

Tout cela pour dire que la moindre des choses serait que vous assumiez la responsabilité des réactions que vos propos provoquent. Et puis, n’y a-t-il pas d’autres sujets plus intéressants concernant la Russie, son immense culture ou son histoire que Vladimir Poutine et ses agissements impérialistes?

Bien à vous.