Lettre ouverte à Pascal Décaillet, sa Sainte Suffisance Journalistique

Votre Splendeur Journalistique,

On devrait vous consacrer l’un de ces petits ouvrages qui existaient du temps de mes études post-obligatoires et qui s’appelaient « Profil d’une oeuvre ».

Celui qui vous serait consacré devrait impérativement mettre en exergue les méandres d’un esprit critique (c’est bien), tortueux (c’est mieux) et égocentrique (ce n’est pas bien).

En effet, tous vos billets, sans exception aucune, sont construits de la même manière: au prétexte de commenter ou de deviser sur un sujet de politique ou de société (aïe, j’ai osé le blasphème), vous ne faites en réalité qu’une seule chose.

Parler de vous.

De votre vie, de vos idées, de vos expériences d’adolescent, de journaliste, de votre haine de la presse suisse romande, si conforme à votre goût.

Moi, moi, moi, moi, en quelque sorte, encore moi et toujours moi.

Selon le vieux principe qui stipule qu’il est plus aisé de voir la paille qui se trouve dans l’oeil de son voisin, vous ne voyez pas la poutre qui se trouve dans le vôtre.

Pour tout vous dire, vos écrits sont lassants à force d’être conformes et prévisibles à force d’être semblables, quels qu’en soient les sujets.

On se réjouira du terme de l’élection présidentielle française, la dernière en date de vos obsessions, pour que nous soient épargnées vos élucubrations et vagissements sur ce que les citoyens de la République (dont je suis, fièrement) devraient voter, sans que vous n’osiez le dire, car vous êtes un lepéniste même pas avoué, comme vous êtes, de ce côté-ci de la frontière, un blochérien pur et dur.

Allez, je me sens mieux et, tel une carpette, je m’aplatis devant votre sainte suffisance.

l’Alt-droite a son représentant en Suisse

Sa Sainte Suffisance Journalistique, Pascal Décaillet, est un homme de droite. Nostalgique d’un passé que l’on croyait à jamais oublié, il fait régulièrement l’apologie de l’Allemagne. Oh, non pas l’Allemagne actuelle, mais la République Démocratique Allemande, l’infâme RDA dont, adolescent, il appréciait les journaux radiophoniques.

Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat. On a les nostalgies que l’on mérite, après tout.

Là où Saint Pascal se transcende littéralement, c’est dans sa critique de ce qu’il est convenu actuellement d’appeler les médias « mainstream » et leurs représentants. Ces derniers sont en réalité ses confrères et consoeurs, coupables à ses yeux de procéder à une critique insensée de l’administration Trump et de Trump lui-même, du Brexit, en bref de tous les thèmes qui excitent Décaillet comme une mouche gravitant frénétiquement autour d’une bouse bien fraîche.

Il ne voit dans ces critiques que l’expression d’un malaise post-soixante-huitard, de frustrations bien pensantes et, surtout la preuve de l’imbécillité indécrottable des journalistes qui ne sont pas lui. Et, effectivement, ceux qui ne sont pas Décaillet, ça fait pas mal de monde.

Il tombe dans les plus grossiers travers que l’on peut qualifier de « alt-right » et qui consistent à discréditer l’ensemble de la presse lorsqu’elle tient des propos qui lui déplaisent. Non, comme ses amis de la Maison Blanche, on ne démonte pas les arguments de ses contradicteurs sur le fond, mais on disqualifie simplement ceux qui ont rapporté l’information, en l’occurrence les désastreuses décisions exécutives de Donald J. Trump.

Et l’on s’aperçoit que notre ami échotier des bas-fonds de la pensée journalistique est à un pas des ridicules propos de Kellyanne Conway qui défendait cet intéressant et nouveau concept, les « alternative facts ». Et ces gens s’y prennent toujours de la même façon: les faits, vérifiables et incontournables sont sans importance et peuvent être niés, contre toute évidence, lorsqu’ils ne nous arrangent pas. Ce qui est à critiquer impérativement est l’attitude de ceux qui les mettent en exergue. En cela, Décaillet tombe dans le panneau de la rhétorique d’une droite bête et méchante: celle qui, en plus de se réclamer d’un conservatisme étroit libère la parole des plus frustrés et des plus médiocres.

L’élection de Donald Trump, après le Brexit, a définitivement désinhinibé les discours de Décaillet. Il faut dire qu’il ne lui en fallait pas beaucoup. Décaillet finalement, c’est du « fake news ».

Pascal Décaillet est un nostalgique du IIIe Reich

Sa Sainte Suffisance Journalistique l’ineffable Pascal Décaillet est un nostalgique du IIIe Reich. Dans un billet publié sur la plate-forme des blogs de la Tribune de Genève – dont on se demande pourquoi elle permet encore à cet olibrius profiteur de l’utiliser – il se lâche et nous sort la totale.

Il nous fait part de la moiteur qu’il a éprouvée à la fréquentation de vétérans du front de l’Est, à l’âge de 14 ans. Il nous dit toute la fascination que cette Allemagne provoquait chez l’adolescent pas encore attardé qu’il était. Il va jusqu’à dire qu’il trouvait que les nouvelles radiophoniques de la république démocratique allemande « n’étaient pas si mal faites », effaçant au passage le fait que l’appareil de la RDA était composé pour l’essentiel d’anciens nationaux-socialistes.

Il la ramène si souvent avec l’importance de « la mémoire », mais il feint d’ignorer que cette Allemagne-là était porteuse du rêve pan-européen et sans frontières qu’il abhorre aujourd’hui. Le rêve d’une Europe purifiée, nettoyée de ses populations inférieures (juifs, tziganes, slaves, homosexuels ou handicapés). Il passe sous silence que ce sont ces allemands et ces armées qui ont mis l’Europe à feu et à sang.

Pour un peu, à l’instar de ses copains facho-populisto-UDC néo-trumpiens, il en réécrirait l’histoire, inventant un passé aussi irréel qu’idéalisé.

Cette nostalgie est dérangeante. Heureusement, l’Allemagne fantasmée par notre échotier local a bien changé. Et pour le meilleur.

Trump a gagné, Décaillet n’en peut plus

Pascal Décaillet n’en peut plus depuis la victoire de Donald J. Trump à l’élection présidentielle américaine. Sa cible privilégiée est la presse mainstream qu’il vilipende avec toute l’ardeur d’un jusqu’au-boutiste qui aurait perdu le sens des réalités.

Mais il touche le fond du fond lorsqu’il compare Trump avec Franklin D. Roosevelt, « une référence, qui affleure », affirme-t-il, tout certain qu’il est qu’il a raison en tout et sur tout, de sa position d’échotier de quartier.

Il oublie (mais ne devrait-on pas plutôt parler de mémoire sélective) que Roosevelt était un démocrate et que Trump est un républicain. Et qu’actuellement, le GOP ne veut qu’une seule chose: détruire les acquis de la présidence de Barack Obama, diminuer les impôts, diminuer l’impact du gouvernement fédéral, notamment en ce qui concerne le soutien aux défavorisés (qui, comme par hasard ont voté en masse pout Trump). Tout cela en créant d’immenses chantiers visant à renouveler les infrastructures.

Un enfant d’école primaire du Nebraska ou de l’Alabama s’aperçoit de la supercherie en un instant. Il n’y a que Sa Sainte Suffisance Journalistique pour émettre des idées aussi absurdes et dénuées de toute analyse en profondeur. Il ne s’y connaît qu’à donner des leçons du type:

« L’Histoire est totalement imprévisible. Nul d’entre nous ne sait de quoi demain sera fait ».

Ben voilà, comme ça, c’est dit. Les portes ouvertes sont définitivement enfoncées et Décaillet remporte la palme d’or du lieu commun. Tout seul comme un grand.

La laïcité selon Hani Ramadan

Le bon Hani a toujours des idées. Comme beaucoup de ses confrères en religion (on ne parle pas de consoeurs car les femmes n’ont pas voix au chapitre) il craint les amalgames.

Et pour lui, les « amalgamistes » (presque aussi dangereux que les djihadistes, en fait) sont les « laïcards et les frontistes ».

Comme ça c’est fait, on a une idée tout à fait claire de la laïcité selon notre bon ami Hani. Pour lui, en clair, la laïcité c’est laisser les musulmans faire ce qu’ils veulent, partout, et surtout dans les pays républicains et confédérés qui ont fort opportunément séparé les églises de l’état. Burqas, charia, fatwas, même combat.

Allez, je vais l’avouer, je suis un laïcard, et fier de l’être.

Et j’irai plus loin: les islamistes à la Ramadan sont toxiques pour nos sociétés.

Nos ancêtres, hommes et femmes, se sont battus pendant des siècles pour ne plus être sous le joug de curés ou autres ecclésiastiques. Ce n’est pas pour aujourd’hui nous faire empoisonner l’existence par des barbus agités du bocal.

De la misère morale et intellectuelle des banquiers privés genevois

On apprend qu’une « rupture inédite » vient de survenir au sein des très privés banquiers genevois Lombard Odier. Rendez-vous compte de la catastrophe: il n’y a plus de Lombard dans cet établissement.

Outre le fait que le bon peuple se fout éperdument de cette nouvelle, on ne peut que relever la misère morale et intellectuelle de ces individus.

Leurs misères financières accumulées durant les années de secret bancaire sont des multiples des PIB de nombreux pays. Leur âpreté au gain, allant jusqu’à facturer un intérêt négatif sur les dépôts en liquide de leurs clients, au prétexte que s’ils ne ne faisaient pas « ils ne gagneraient plus d’argent » (citation authentique de l’un des associés de l’établissement cité plus haut) donne le ton de la misère morale de ces messieurs.

Il y a quelques années, lors d’un débat radiophonique l’opposant à un socialiste, l’un d’entr’eux parlait de son métier comme une « industrie d’exportation ». Et voici la misère intellectuelle dans toute sa splendeur. Le socialiste n’avait eu qu’à porter l’estocade: « ce n’est pas une industrie d’exportation, mais une industrie de fraude fiscale ».

Rien à redire. Laissons ces banquiers cupides s’entredéchirer, car nous n’avons rien à faire de leurs petites querelles intestines et de leurs produits nauséabonds.

Les aventures de Bibi Fricotin au pays de la censure

Un amusant article du journaliste Olivier Francey, initialement publié publié dans le Temps, aurait été retiré du site quelques heures seulement après avoir été mis en ligne (1).

Et pour cause, il mettait en cause le mirifique conseiller d’état genevois Pierre Maudet. Il faut dire que ce dernier n’avait rien trouvé de mieux à faire que de rendre visite au guide suprême de la révolution islamique d’Iran, en compagnie du champion du rire – et accessoirement président de la confédération helvétique.

Olivier Francey se moque gentiment du potentat genevois, affirmant que si celui-ci s’il s’était « prénommé Pierrette » n’aurait pas porté de foulard islamique… Ce rappel explicite de la visite de Micheline Calmy-Rey, voilée pour l’occasion, que Maudet avait abondamment critiquée à l’époque.

Le style (légèrement) vitriolé d’Olivier Francey a visiblement déplu à Bibi Fricotin et son texte a été censuré, sans doute sous les pressions de l’entourage du (très petit) fricoteur.

Comme quoi, la république bananière a encore de longs jours devant elle, où un magistrat de quartier peut faire la loi au sein d’une presse prétendument libre.

(1) Bibi Fricotin au pays des mollahs, Le Temps, 3 mars 2016