Salerno: le détournement de la pensée

Sandrine Salerno n’a pas obtenu sa dérogation pour siéger au Grand Conseil genevois en même temps qu’elle assure sa charge de Conseillère Administrative de la Ville de Genève. Il s’en est fallu de trois voix. Bien fait pour elle.

Dans une interview publiée dans la Tribune de Genève, la socialiste qualifie la décision de son parti de « surréaliste ». Elle s’en explique en arguant du fait que c’est car elle est femme que sa dérogation n’a pas été accordée. Pouf pouf. L’entourloupette intellectuelle si typiquement gauche-bobo. Je n’ai pas eu ce que je voulais donc je suis une victime par défaut.

Le bon peuple appréciera.

C’est évidemment elle qui tient des propos surréalistes. Elle nous explique qu’elle a 46 ans et qu’au terme de son mandat à la Ville de Genève, elle devra chercher du travail. Elle en aura alors 48. Elle nous arracherait presque une larme.

Elle devra faire l’expérience du chômage en col blanc et comprendra enfin toutes les vicissitudes que doivent endurer les demandeurs d’emploi de plus de 45 ans. Peut-être en tirera-t-elle des enseignements utiles pour elle.

Françoise Giroud affirmait au siècle dernier que l’égalité entre hommes et femmes serait atteinte le jour où une femme incompétente occuperait un poste-clé.

C’est fait. Ouf.

Il faut s’appeler Pascal Décaillet

Il faut s’appeler Pascal Décaillet pour oser commettre une leçon sur l’histoire des grandeurs et décadences de l’empire perse en commentaire de la décision du bouffon de la maison blanche d’extraire les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Il se targue d’être féru d’histoire, notre Sainte Suffisance Journalistique… Ce qu’il oublie, c’est la dimension contemporaine de ladite Histoire (il n’en retient que la première syllabe).

On se permettra de contredire sa Majesté Journalistique en lui rappelant que l’Iran d’aujourd’hui n’a de lien avec l’Histoire que dans ses volontés hégémoniques au sein du monde musulman.

Tout dans sa grandiloquence, notre échotier appelle les pays d’Europe à affirmer « que leur relation avec l’Iran relève de leur choix souverain, et non d’un alignement sur les États-Unis d’Amérique »… en oubliant opportunément que, quelques jours auparavant, il faisait lui-même le panégyrique du président desdits Etats-Unis d’Amérique.

Je ne sais s’il existe une Histoire pour les journalistes, mais s’agissant de Décaillet, gageons que ce sont les oubliettes qui lui sont destinées.

Anne Emery Torracinta, la chute finale

Anne Emery Torracinta connait son annus horribilis. Prise au piège de ses contradictions de son attitude de girouette dans la sordide affaire de frère Tariq, la voici maintenant contrainte de suspendre sa secrétaire générale.

On tombe de plus en plus profond, non pas à cause de frère Tariq, mais à cause du compagnon de Marie-Claude Sawerschel qui bénéficie d’un mandat du DIP. Le Laboratoire d’Analyse et de Traitement de la Langue de l’Université de Genève est en effet dirigé par ce monsieur. Le conflit d’intérêt était tellement évident que Madame la Secrétaire Générale n’a pas voulu signer le contrat.

Mais devinez quoi? C’est Madame la Présidente elle-même qui a signé, du coup. Le rédacteur en chef de la Tribune de Genève évoque le suicide politique de Madame la Présidente.

La réalité est probablement plus simple. Anne Emery Torracinta est socialiste. Les socialistes constituent une grande confrérie, peuplée d’impénitents donneurs de leçons. A l’instar de d’Anne Emery Torracinta, il veulent faire « toute la lumière, lever toute suspicion de partialité » sur certains dossiers, mais en laissent d’autre dans l’obscurité. On peut l’affirmer: Madame Anne Emery Torracinta manque totalement de discernement.

Ce grand flou, cette confusion systématique des intérêts personnels et de la collectivité sont des caractéristiques très socialistes. Je ne suis pas certains que les méfaits infligés par Sandrine Salerno à la direction des ressources humaines de la Ville de Genève seront jamais mis à jour. Pourtant, je vous l’affirme, il y en a largement pour démontrer son absence de discernement, sa petitesse et son étroitesse d’esprit et justifier de ne pas l’élire au Conseil d’Etat – en dépit du fait qu’elle fasse profil bas aujourd’hui. Naïvement, j’aime à croire aux principes d’une justice immanente. Les politicards malhonnêtes se font toujours rattraper par les méfaits et leur propre bêtise. Les cas ne manquent pas dans notre bonne république.

Il conviendra donc, fermement, de renvoyer Anne Emery Torracinta chez elle lors de la prochaine élection. Et il faudra également ne pas prendre la proie pour l’ombre et surtout laisser Salerno là où son potentiel de nuisance est limité: chez les caciques de la Ville de Genève. C’est là qu’elle fera le moins de mal. Et puis, ce sera sa dernière législature. Ouf.

Et s’il n’y avait plus qu’un nouveau socialiste au Conseil d’Etat, personne ne s’en plaindrait.

« Aigle royal et pie bavarde »: Décaillet se met une poutre dans l’oeil

Anti soixante-huitard de la première heure (il avait dix ans), pseudo-intellectuel, échotier des bas fonds de la pensée journalistique de Suisse francophone (bien voir l’oxymore entre « pensée » et « journalistique »), prophète de cataclysmes illusoires et impénitent donneur de leçons, voici que notre Pascal Décaillet s’en prend aux chroniqueurs de la presse.

Il encense Mauriac et Clavel puis tire à vue sur les « cercles parisiens où l’on ricane et se congratule entre soi ». Pas une seconde, il ne réalise que l’entre-soi, pour lui, est devenu l’entre moi et moi et moi. Tout à son égo, tout gonflé d’une importance qu’il s’imagine bien plus qu’elle n’est réelle, il assène ses leçons de journalisme à qui mieux mieux.

Un dépôt si typique de sa Sainte Suffisance journalistique, finalement. A voir la paille dans l’oeil de ses voisins, il n’a pas conscience du splendide effet-miroir qu’il nous livre.

Tout cela après nous avoir dit sa haine de mai soixante-huit.

« J’ai passé un demi-siècle à haïr 68 » nous dit-il. Mais n’oublions pas qu’il a passé son adolescence à admirer la république « démocratique » allemande.

Voilà, voilà. Un personnage très reluisant.

Je n’aime pas Coline de Senarclens

Je n’aime pas Coline de Senarclens. Je la trouve agitée et sans substance, constamment réfugiée dans une posture de «militante féministe» et produisant un discours qui se voudrait vitriolé mais qui, au fond, ne consiste qu’en un ramassis de clichés, de poncifs et de généralisations aussi hâtives que superficielles.

Elle m’agace prodigieusement et, en plus, je la trouve bête. Malheureusement, depuis #balancetonporc et #metoo, une presse complaisante lui donne une place très imméritée.

Elle cultive un comportement tout fait de brusquerie, de provocations stériles inondées d’une forme d’anticonformisme très travaillé qui est, au fond, d’une totale vacuité.

Etre l’instigatrice de la «Marche des salopes» – projet salutaire et indispensable à l’instruction des gros porcs et autres phallocrates, gardiens d’une culture de domination de l’autre (cet autre étant constitué prioritairement des femmes) ne fait pourtant pas de Coline de Senarclens l’égérie d’un féminisme progressiste.

Au contraire, cela fait d’elle une espèce de caricature en inversé, une agitée du bocal, ses propos utilisant une agressivité verbale si typique du discours masculin qu’elle s’évertue à dénoncer. Une sorte de bipolarité de la pensée, où les bonnes sont les filles et où les méchants sont les garçons.

On ne me fera pas dire que les hommes constituent une classe d’individus parfaits et au-dessus de tout soupçon, surtout lorsqu’il s’agit de leurs comportements en société – et surtout envers les femmes.

Mais bon. En tant qu’homme, je considère que si l’on veut vraiment changer la société, ses rôles et ses pseudo-déterminismes, ce n’est pas par les incantations et les slogans apocalyptiques que l’on y parviendra.

Coline de Senarclens a raison d’être indignée, elle a raison de lutter pour la cause des femmes. Mais sa misère intellectuelle et ses agitations verbales me semblent avant tout desservir la cause qu’elle veut défendre. Car en effet, ce n’est pas parce que les hommes ont imposé par la violence sous toutes ses formes, des millénaires durant, leur domination sur les femmes que ces derniers apprendront à changer par cette même violence.

Il me paraît, très modestement, que c’est par le développement et l’intégration très large des valeurs féminines dans l’éducation, la culture, la politique et, finalement dans nos comportements à tous, que l’on y parviendra.

Coline de Senarclens ne nous y aide en rien.